Nothing Can Go Wrong

A chaque fois que je la lis, c’est un peu la même chose. Une sorte de spleen sale, dégueulasse, qui s’insinue pour me retrouver dehors sous la pluie, à tirer sur un filtre cheap. Des entrailles qui se contractent au rythme des envies et des manques. Pourquoi pas moi, est-ce que un jour… ? Toujours les mêmes questions sans réelle importance en fait. On se prend à rêver, et forcément, tu reviens à la charge, au pas de course.

De là où on est, de là où on vient, il n’y a pas grand chose  à faire, à part scruter les réseaux. Naviguer, en espérant sans trop y croire qu’on tombera un jour sur des traces laissées intentionnellement. Scruter les mains et les tatouages, les fringues, en dessous, pour voir, pour détailler, pour imaginer. Une pornographie voyeuse infantile, pusillanime et compulsive. La tension monte et les mains tremblent quand les images résistent à l’examen minutieux. Mais on finit toujours par trouver le défaut, le grains de beauté, la moue qui révèle l’imposture. Au bout des heures, la lassitude et le dégoût finissent par l’emporter. De l’attitude et du monde, de soi et des autres. Jeter l’éponge et éteindre l’écran.

Mais sous le crâne, ne pas cesser. Imaginer. Encore, sans cesse. Si ç’avait été elle.  Une autre, qu’on aurait pu aimer ou désirer. Les jambes tatouées autour de la taille. Les lèvres et tout ce qui s’enfuit.

A chaque fois que je la lis, j’ai l’impression de les avoir connus. Ses morts et les miens me tournent autour et me remplissent de larmes.

Ann Scott – Fashion Victims

~ par SilkenTrash le décembre 30, 2011.

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