To be or not to be
La rougeoyance au bord des lèvres pleines, c’est l’intermittente envolée des pensées lorsque les mains troublent les arabesques de la fumée. Le souffle rauque et tranquille, recracher le vide expiré. Elle attend. Le geste sûr mais tremblant, elle éteint le mégot sur le torse, un de plus dans ce cendrier à portée du cœur. Des auréoles noires piquetées d’étoiles, les braises des regards enflammés, écrasés sur sa peau comme des trous noirs pour aspirer les vœux de ces âmes calcinées. Elle espère. Elle espère que les cratères qu’elle fait naître recueilleront les mots et les notes nécessaires au déversement des émotions. Dans une discrète agonie, renoncement muet de l’effort, les cicatrices parlent pour elle au défaut de l’expression. Rage sourde et impuissante. Dans le mouvement qu’elle imprime en indélébile, c’est faire suinter les pores pour éviter de faire sortir soi-même le pus. La névrose. Et recommencer encore et encore, pour échapper au prix à payer de la délivrance. Maintenir la frustration à un niveau acceptable. Pour rêver au lieu d’être.

